Chroniques d’un jeune confrère - Acte III
Maison du Barreau, 21h.
J’ai boxé avec les mots.
Premier tour de la Conférence du Barreau de Paris — le concours d’éloquence le plus selectif de la profession.
Sur une trentaine de soirées dans l’année, avec une quinzaine de participants à chaque fois,
Seuls 36 sont retenus pour la suite.
Mercredi dernier, j’étais l’un des candidats.
Sujet : “Faut-il battre en retraite ?”
À la positive.
Un thème qui raisonne autant dans la robe qu’en short de boxe.
La veille, l’invité d’honneur Lucie CASTETS est remplacée par Aly DIOUARA, député du 93.
Alors, la veille au soir et le matin même, j’ai réécrit mon discours.
Pour que chaque mot sonne juste.
Quand mon tour est arrivé, la salle était fatiguée.
Et pourtant, j’ai senti les regards.
Le silence.
Le jury m’a écouté.
Quand on passe à la fin : l’attention est un luxe.
Un privilège qui se conquiert.
Ce soir-là, je l’ai eu.
En offrant une part de moi,
En immersion sur le ring.
Le message qui m’a le plus touché ?
Celui de ma sœur, critique redoutable :
« BRAVO ADAM T’ÉTAIS LE MEILLEUR. »
Entre ce confrère qui a effrayé toute la salle en hurlant sur scène, évoquant sa haine pour le Christ,
Et les discours ultra-politisés…
Affaire à suivre pour le classement.
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En attendant,
Mon parcours est fait d’attente.
De refus.
D’épreuves.
D’affrontements — parfois à la salle, souvent ailleurs.
Mais j’ai encore la voix.
Cette arme qui peut tout :
inspirer, transporter,
bouleverser, réparer.
Oser quand on hésite procure souvent plus de satisfaction que le résultat lui-même.
Saisir le “et pourquoi pas ?”.
Et laisser la magie opérer.
Ça vous parle ?
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